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Un peu d'histoire

Les origines de la commune de Toulaud sont très anciennes puisque la racine de son nom est antérieure au 6ème siècle avant J.C. Le mot « Toul » (tull) employé à l’époque pré celtique signifiait hauteur et correspond tout à fait à la situation géographique du vieux village. Le nom de Toulaud est mentionné pour la première fois dans un écrit datant de l’an 940 dans le texte d’une donation où il est question de la « Villa Toulau Sive Valletta » (hauteur et petite vallée).

Un peu d'histoire

Dans la vallée du Rhône à cette époque, l’implantation de la population est très importante et de nombreux vestiges subsistent encore :

› Au quartier des Fonts - « Fons » étant le dieu des fontaines chez les romains - des restes importants d’une muraille romaine demeure près du restaurant et au-dessous du jeu de boules. Sans trop fouiller quelques médailles et morceaux de poteries en abondance sont aussi présents près de la ruine.

› Au quartier des Fortunières  (La branche – Perilhac) une statue d’époque romaine fut découverte il y a quelques années. Il semble que ce quartier était le chef-lieu d’implantation. Outre que la tradition populaire l’y situe, de nombreux tessons de briques, tuiles le parsèment et le confirment. En 1950 dans une terre de M. Briand, le soc d’une charrue fit surgir une statuette en bronze de 12 centimètres représentant « un pontife romain » debout, imberbe, vêtu d’une tunique à manches courtes et d’une toge qui lui couvre la tête. Ses yeux à l’origine devaient être incrustés d’argent ; latus clavus (large attache) apparent sur l’épaule droite. La main gauche devait tenir une corne d’abondance ou un volumen ( rouleau, manuscrit) la main droite une patère (coupe réservée aux sacrifices). Ses pieds sont chaussés de calcei (chaussures en cuir souple). Cette œuvre remarquable par l’harmonie qui existe entre la multitude de plis du manteau et la beauté du geste, date du 1er siècle.

 

› Au quartier de Vocance en 1969, une crue subite du ruisseau qui descend de Layat mit à jour des traces de fondations d’une maison avec marques d’incendies et des débris de poteries de l’époque Wisigothe mêlées à des tessons de tuiles romaines. Il est donc tout à fait probable que l’implantation du village sur l’éperon qu’il occupe aujourd’hui date des 6ème et 7ème  siècles après les grandes invasions des Goths.

XII et XIIIèmes siècles

Toulaud dépendait à cette époque de l’Abbaye des Bénédictines de Soyons, fondée au 9ème siècle. Les dames Bénédictines de l’Abbaye de Soion comptaient plusieurs paroisses et chapelles dont : la cure de l’Assomption à Toulaud, ainsi que la vicairie de St-Martin sur les bords du Mialan et la chapelle de St-Michel de Toulaud. Il y avait aussi un prieuré à St-Loup à proximité duquel les bénédictines avaient construit un couvent au lieu-dit « La Seauve ». La grande cheminée de cette demeure qui impressionne aujourd’hui le visiteur fut édifiée au XIIème siècle.

 

 

 

 

XIV et XVèmes siècles

La guerre de cent ans fait vivre à Toulaud et à ses habitants une nouvelle période d’incertitudes et de troubles dramatiques. En 1348, il est probable que la peste noire fit des ravages comme dans toute l’Europe où elle décima le quart de la population.
Après cette épidémie, c’est la guerre sans merci que se livrent les deux grands Seigneurs locaux : Le seigneur de Crussol et le Comte Josdrand de St-Didier (près d’Alboussière).
A peine ce drame terminé, que surgissent entre 1360 et 1380, les « Grandes Compagnies »  qui pillent et rançonnent la population de la vallée du Rhône.

En 1374, Soyons est pillé et les religieuses doivent abandonner l’Abbaye.

 

Dès 1430, une nouvelle recrudescence de violence menée par une invasion de troupes venues de Bourgogne, oblige la population à se fortifier sur place auprès des seigneurs influents.
Il en résulte, que nous pouvons aujourd’hui admirer tout au moins l’architecture des maisons fortes, nombreuses dans la campagne de Toulaud :

    • Meyret
    • Château des Fonts
    • Mirabel
    • Montelbosc
    • Cheylus
    • Chomat…

Le 17 mai 1395, Philippe le Hardi duc de Bourgogne, passa une journée à Soion, après avoir tout d’abord rendu visite à la paroisse de St-Martin, avant de se rendre en Avignon pour engager le Pape Benoît XIII, à faire cesser le schisme.

 

Le "Château de Meyret" est une maison forte “ armée ” de deux tours du haut desquelles l'on peut voir la plaine du Mialan et le village de Toulaud,propriété de Jean de Mérez, vassal du seigneur de Crussol, avec lequel il participa à la Croisade de 1248 comme arbalétrier, au 15 ème siècle la famille de Mérez dut se séparer de son château pour des raisons financières, et s’installa à Valence. La légende rapporte que le propriétaire du début de ce siècle, Monsieur de Montclard, se faisait fort d'inviter autour d'une même table, encore présente sur les lieux, plus de soixante personnes et de les régaler des seuls produits de ses terres.

Fin du XV et XVIèmes siècles

Un siècle de calme et de prospérité avec le mouvement de la Renaissance. Les toulaudains vivent en paix à l’intérieur de leur ceinture de maisons fortifiées et dominées par une tour de guet de 27 mètres de hauteur sur l’actuel « Mouta ».

 Promenons-nous dans ces vieilles ruelles escarpées et nous découvrirons presque à chaque pas, réemployés plus ou moins de façon heureuse dans les bâtiments actuels, des pierres de tailles, des linteaux de portes ou de fenêtres et autres appareillages du pur style renaissance.
Incontournable en plein centre du village est « la maison de la Rose » avec ses fenêtres à meneaux.

Puis la peste, encore une fois, va ravager la population pendant deux ans, tout commence en 1531 où l’on conseille d’utiliser de la poudre à canon et des baies de genièvre que l’on fait brûler pour désinfecter les maisons.
En 1543, la lèpre fait son apparition avec son cortège de pensionnaires qui vivaient et travaillaient à l’intérieur même des deux « maladières » (du côté de St-Péray) qui recueillaient les malades du canton. Seul le baron de Crussol exerçait un contrôle suprême sur l’admission des patients.

De la réforme et des guerres de Religion (1545 à 1640)

Dès les premières années de la Réforme en France, une forte implantation de celle-ci se manifeste dans la région, de Soyons jusqu’au plateau de St-Agrève. Diverses causes contribuent au succès de la religion réformée :

  • La sous-alimentation des campagnes, due aux abus et aux scandales des bénéfices ecclésiastiques
  • Le désir profond du renouveau de la foi.
  • Le libéralisme de l’Evêque de Valence, Monseigneur de Montluc, qui accorde refuge aux réformés dans son diocèse

 

En 1562, Antoine de Crussol qui réside alors au château de Charmes, devient le chef des troupes protestantes du Midi à la demande des « «religionnaires » de Nîmes. La majorité de la population est bien acquise à la Réforme et les troupes protestantes implantées dans l’arrière pays depuis St-Péray occupent régulièrement le château de Crussol d’où vient les déloger le gouverneur royal de Valence.

 

Soyons est un fief protestant de 1574 à 1578 mais c’est Toulaud qui demeure en permanence la fortification avancée des réformés vivarois sur Valence et son réseau de communication.
De 1598 à 1621, l’Edit de Nantes porte ses fruits de paix et la population de Toulaud - environ 1200 âmes - profite de la prospérité générale pendant le règne d’Henry IV.

En 1622, la concentration des troupes huguenotes sur la commune est un danger permanent pour la plupart des catholiques qui vivent alentour et qui n’ont d’autre choix que de se réfugier à Valence. Au mois de juillet, les troupes royales assiègent le village de Toulaud et s’en emparent. La Tour de Toulaud est démolie par ses envahisseurs le 28 août.

XVIIème et XVIIIème siècles

La poterie de Toulaud

 

L’histoire de la poterie toulaudaine liée à la trouvaille d’un artisan de St-Péray, nous permet de pouvoir aujourd’hui affirmer que durant les XVII, XVIII et XIXème siècles, nombreux furent les potiers qui firent l’incontestable label de la poterie de Toulaud. Le renom de cette activité du tour et du four nous fut révélé par une simple tuile de terre, trouvée sur faîte, travaillée par le maître potier : Jacques Duplantier le 12 août 1717. La poterie fut essentiellement sujette aux remous du Roi Soleil et des ardents mouvements de révolte de la population vivaroise, avant de connaître la prospère époque de son art qui mourut à petit feu sans explication notable.

 Nous pouvons dès le 6 septembre 1683 assurément accuser M. de Louvois d’être l’instigateur des persécutions contre les huguenots que Jean Baptiste Colbert, le plus grand ministre du règne de Louis XIV avait sa vie durant protégés à cause de leurs multiples activités industrielles et financières… dont la poterie de Toulaud était des leurs.

 

A cette époque les Etats Généraux du Vivarais réclament avec insistance l’aide royale financière nécessaire à l’expansion de la poterie. Mais bientôt les représentants jugés comme hérétique s’enfuient à l’annonce de la révocation de l’Edit de Nantes plutôt que d’abjurer leur religion et par voie de conséquence de défendre les intérêts de l’artisanat local. Nous savons dès lors que le commerce des faïences toulaudaines s’en trouva fort diminué. A noter que trois maîtres potiers étaient restés au pays pour mener « la grande, la principale fabrique » située à Biguet et au Colombier.
En 1985, un habitant de Toulaud en restaurant sa toiture eut la main heureuse en découvrant une superbe tuile signée de J.L Vocance. Son épigraphe est la suivante :


« J.L VOCANCE CE 15ème MIL 1694
MON DIEU JE VOUS PRIE DE ME DONNER
VOTRE GRACE FAIT PAR MOI VOCANCE 15ème 1694 »

 

Louis Magnant en 1680, Jean Rous, maître potier à Biguet en 1740 et Jean Chazallet, maître potier au Colombier en 1745, illustrèrent d’abord cet art « de la terre à tour et à four » mais c’est Noyer de Gleize qui lui donna tout son lustre avec la fabrique de la Pras, sous le village, au bord du Mialan, pour laquelle il obtint le 27 mai 1755 une subvention de 3000 livres des Etats Généraux du Vivarais car disait-il : « cette terre permet de faire des faïences aussi belles que celles de Montpellier et d’ailleurs ». Pour des raisons encore inconnues, la fabrique sombra bien qu’à cette époque Toulaud comptait 1200 habitants environ.

 

Une histoire d’amour…

 

            « En 1755, un Maître-Faïencier de la fabrique de Toulaud, Henri Dayol, avait épousé une demoiselle du pays, Thérèse Gauthier. Ce mariage eut un certain faste car Henri était le fils de l’avocat du roi, un fils de famille qui avait irrésistiblement été attiré par l’art de la terre. Ses compagnons de la fabrique, avaient décidé de réaliser pour la circonstance un magnifique service de table. Pour marquer le caractère exceptionnel de ce cadeau, ils avaient orné le fond des assiettes non pas d’œillets et de tulipes, comme cela était courant à l’époque de Louis XV, mais des scènes galantes et tendres. Une assiette du service conçue spécialement pour servir de cadeau au Maître-Faïencier, a été retrouvée à Valence. D’après ceux qui ont eu la chance de voir cette pièce unique, les potiers de Toulaud s’étaient réellement surpassés ; le bord de l’assiette est festonné, décoré de fleurettes dans lesquelles domine un violet manganèse qui confine souvent au bleu le plus surprenant ; Le motif central représente une scène charmante : un gentilhomme conte fleurette à une belle dame sous un bosquet, deux troubadours donnent l’aubade et des oiseaux s’envolent à tire-d’aile ; le dessin naïf, presque maladroit est cependant touchant par plus d’un trait sincère d’inspiration et réellement beau de couleur, toujours avec une dominante bleu pâle. Au dos de l’assiette, écrit dans le style du siècle la marque est indiscutable : Fabrique de Toulaud 1755 »

Pierre Valier – Dauphiné Libéré du 31/10/1981

XIXème siècle

Il ne subsiste plus à Toulaud, à travers le XIXème siècle que de simples artisans potiers et le dernier de cette lignée traditionnelle était M. Demas, père de l’ancien conseiller municipal qui est mort dans sa maison, voisine du temple, où quotidiennement il avait tourné les dernières soupières, assiettes et écuelles, les derniers « mêlas » ventrus où l’on conservait l’huile, les derniers plats à caillettes et à tommes, les ultimes bols, biches, rossignols…et le dernier plat à barbe vernis qu’il utilisait car il était potier et barbier.

 

En 1823,construction du temple.

En 1856 Toulaud comptait 1705 habitants ; puis avec l’exode agricole le village se dépeuple car dans la vallée de Valence se développe de nouveaux moyens de communication. Toulaud n’étant plus un lieu de passage,  se voit déserté.
L’attaque du phylloxera vasiatrix en 1869 va la physionomie des cultures, puisque des milliers de pieds de vigne vont être arrachés. A l’heure actuelle, seules les vignes de Biguet subsistent et prospèrent puisqu’elles nous donnent un de ces fameux St-Péray conçu par méthode champenoise.
Dans les années 1874 à 1880, la commune doit faire face à de graves problèmes financiers. En premier le plafond du temple menace de s’écrouler sur l’assemblée. Ensuite, les écoles donnent bien du souci aux élus. Il en existe 4 sur la commune : une institution catholique, une institution protestante pour les garçons et une pour les filles ainsi qu’une école aux Bonnets de Ladrey. Le préfet en 1875 va sommer le conseil municipal de faire des travaux dans le logement et la classe de l’école protestante des filles qui deviennent dangereux.

 


Enfin, c’est au tour de M. le curé Viallatte à demander des réparations d’urgence pour la toiture. Pour réduire les frais, il est envisagé de fusionner les deux écoles protestantes, garçons et filles. Finalement, le maire, M. Ducros, demande la création d’une école laïque « régie et gérée par des instituteurs laïques et non congréganistes ».

Pour ce faire, il va émettre un vœu dans une grande envolée patriotique qu’il adressera aux plus hautes instances. Monsieur le Ministre de l’Instruction publique en décembre 1879 accorde la gratuité de l’instruction dans le primaire. M. le maire remercie le gouvernement et projette la construction « d’une maison d’école ». Après les accords nécessaires, la polémique fera rage autour de l’emplacement de cette future école. Le Préfet retiendra la place du Moulin de l’Aure alors que le conseil décide

de l’implanter là où nous la connaissons actuellement.

XXème siècle à nos jours

Comme partout en France, les guerres successives ont endeuillé les familles toulaudaines. Un drame à Toulaud reste encore dans la mémoire des anciens : le 8 mai 1944. Ce jour-là, un groupe d’une centaine d’hommes : soldats nazis et gestapos guidés par la milice française se dirigent vers le Tracol où ils traquent, sur dénonciation des résistants réfugiés dans nos montagnes. Au passage, en représailles contre les maquis, des exactions, des brutalités sont commises à Biguet et tout au long du chemin vers Juventin ; Là, sont présents la famille du gérant de l’exploitation, un jeune berger, un ouvrier agricole et un voisin. Pierre Perrier prévenu arrive alors pour demander courageusement à être échangé contre sa famille. Interrogé, brutalisé ainsi que Pierre Vialle, ils seront lâchement abattus et leurs corps abandonnés sur place. Tout est pillé et incendié. Le jeune berger et l’ouvrier agricole trouveront le moyen de s’échapper. Louis Frédéric Ducros raconte en détail ces faits dramatiques dans son livre : « Les montagnes ardéchoises dans la guerre ».

 

Dans les années 30, nombreux sont les paysans des contrées voisines qui se retrouvaient pour faire quelques emplettes au cœur du village à l’occasion du marché hebdomadaire. Entre l’étal d’un drapier et les paniers débordants de fruits et légumes sur la Roberval, les chalands erraient dans la rue principale sous le museau des bœufs attelés, impatients devant la bascule du village où le poids des charrettes étaient scrupuleusement notifié à l’encre sépia.

Fin des années 60, certains sportifs toulaudains décident de créer le premier club de rugby du canton en donnant naissance à l’association « Toulaud Sport » en 1966/67 sous la présidence de Maître Paul FERRIER - notaire de la commune. Dans la foulée, ils lancent même l’élection de « Miss Rugby » qui remporte l’adhésion de tous les joueurs.

 

Réveillés sous plus d’un mètre neige, les 752 habitants de la commune, traumatisés à « l’idée de manquer » croisent le boucher qui livre à pied à travers les congères, ce matin-là de décembre 1970. Le père Rapine à son fournil connaît une pénurie de farine et les miches sont confectionnées avec si peu de sel qu’on dirait des galettes…

 

Un an après, une poignée de trentenaires réunis dans la salle des fêtes située en face de l’école communale – aujourd’hui détruite – imagine une manifestation conviviale pour faire ripaille avec les produits locaux. Il est vrai qu’ici et là demeurent encore quelques élevages caprins, de multiples basses cours à proximité des champs de cerisiers et autres arbres fruitiers qui s’étendent dans la plaine.

 

Orchestrée par le maire Joseph Labrosse, l’Abbé Poly, le Pasteur Bonjour et de joyeux lurons bénévoles « La fête du Coq vierge » est annoncée pour le 14 juillet prochain. Au programme des hippies dans les ruelles escarpées du vieux village et des toulaudains endimanchés – vêtus de costumes folkloriques – offrant à qui mieux mieux du vin blanc tiré d’un fût poussé sur une charrette d’où s’égosille le plus méritant des coqs de Toulaud.

 

Envoyé en kit par le « Secrétariat à la Jeunesse et aux Sports », le bâtiment du « Mille Club » est érigé en mars 1972 par les jeunes de 12 à 18 ans – rasé et remplacé aujourd’hui par l’école maternelle. Lieu de vie et d’échange, ce foyer culturel du 20ème siècle propose des activités riches et variées : Baby-foot, embryon de bibliothèque, atelier photo, stand de tir à la carabine, club informatique. Présent inespéré de l’état qui deviendra au fil des années le théâtre des veillées de l’intelligentsia toulaudaine.

 

Président du club de rugby, l’Abbé Poly accompagnera son équipe pour décrocher dans la liesse son 1er titre de champion des Alpes 4ème série à Saint-Marcellin.

 

Au cœur du village, une florissante entreprise « Aux plantes de Toulaud » va embaucher durant les mois d’été, les adolescents de la commune pour cueillir jusqu’à la Seauve des fleurs de bruyère et autres millefeuilles qui couvrent les versants Nord de nos montagnes. Récoltés pour des bains moussants et autres crèmes aux pouvoirs exfoliants les produits de beauté seront fabriqués et commercialisés pendant quelques années sur les marchés nationaux.

 

En 1974, il ne reste plus à Toulaud que 700 habitants. L’exode rural s’est fait sentir, les jeunes sont partis travailler à la ville. La plupart des maisons du vieux village sont en ruine ou mal entretenues. Personne ne songe à revenir aux pays. Dans le seul bar-tabac, les clients se comptent sur les doigts d’une seule main.
Sans utopie, deux architectes en herbe de Valence présentent au conseil municipal, leur projet d’un plan d’eau avec complexe hôtelier-sportif dans le vallon de l’Embroye à proximité du col des Ayes.

Après la canicule estivale de 1976, le paysage est ocre malgré la volonté des agriculteurs qui ne baissent pas les bras pour donner à leurs blés, quelques gouttes salvatrices des sources quasi taries. Sur les ondes des transistors de la place Espeysse où l’on cherche un coin ombragé, des estivants écoutent les conseils de Françoise Dolto qui évoque l’argent de poche, qui n’influencent pas le comportement des bénévoles de la bibliothèque de Toulaud qui suivent le cours du « Malabar » pour déterminer le prêt d’un livre. 

En 1978, le plein emploi n’est plus de rigueur en France et la commune compte désormais dans ses rangs deux chômeurs. L’esprit festif des membres des associations ne désarme pas malgré le succès mitigé de leur première fête du « 14 juillet ». Fort des échos favorables dans la presse locale, ils récidivent l’été suivant en proposant leur célèbre gallinacé mitonné selon une mystérieuse recette élaborée par un fameux cuisinier de la commune. Dégusté par plus de deux cents convives sur la place Espeysse, le « dîner de Coq » est clôturé par un feu d’artifice tiré à flanc de colline.

Dans les années 80, l’amicale laïque organise « la fêtes des écoles » avec la collaboration très active des instituteurs sous le préau de l’école actuelle. Spontanément, les parents viennent donner un coup de main aux jeux improvisés et à la vente des pâtisseries maisons.

Pour les jeunes hommes de la commune, la pratique du rugby est devenue le rendez-vous implacable des samedis après-midi sur le terrain cerné de supporters férus de ce sport. Pour ne pas être en reste, les jeunes filles se cherchent une activité plus tranquille mais tout aussi haletante : La création d’une troupe de majorettes – dont les costumes confectionnés par leurs mamans révolutionnent la mode – voit le jour au « Mille Club » et s’offre même un mini reportage sur France 3.

 

Sous l’impulsion d’un groupe de passionnés, la confrérie du « Taste Coq » voit le jour le 1er avril 1985, composée d’un maître des rouquettes qui à la difficile responsabilité de l’élevage du volatile aux pouvoirs affriolants. Nombreux seront les Toulaudains qui vont se battre pour l’obtention du titre honorifique d’éleveur du roi de la basse cour. 

 

Signe que la commune se repeuple - on dénombre 1000 âmes au dernier recensement – on observe des enfants issus de nouvelles familles, qui gambadent sur le chantier du nouveau lotissement « Les Chênes ».

Sur une idée de l’association des « Amis de Toulaud », la foire de Printemps naît et annonce l’événementiel sur la commune qui s’essouffle, chaque 1er dimanche de Mai.

Le rugby toulaudain fête son 25ème anniversaire avec les plus fidèles membres pour se souvenir du long chemin parcouru jusqu’à la victoire. Pendant ce temps, la bibliothèque avec 165 abonnés devient municipale et les lecteurs n’ont que l’embarras du choix avec ses 1500 ouvrages.

La démographie toulaudaine ne semble pas vouloir fléchir et il faut dorénavant compter sur les enfants en bas âge scolarisés entre des murs trop étroits. La première pierre de l’école maternelle « Pierre Escoffier » - Architecte et grand artisan des 1ère fêtes – verra le jour au moment où tombent dans les porte-monnaie les premières pièces de l’Euro.

 

Suite à la mise en place du projet Européen COMENIUS, les écoliers avaient comme partenaire une école italienne avec laquelle elle correspondait. Jusqu’au jour où le partenariat d’école à école est devenu commune à commune. Le 14 juillet 2000, la cérémonie Officielle du jumelage unit Toulaud à une ville transalpine  - Monsano - située dans la province des Marches. 

 

Aujourd’hui en 2005, la construction et la restauration de maisons sont en pleine expansion. La population compte désormais 1700 habitants et la commune vient de franchir une nouvelle étape en rentrant dans une communauté de communes : « Rhône-Crussol ».

 

Photos tout droits reservés L.Guidot – M. Malavielle – J.Chantre