les commerces





Perché sur un flanc de colline, notre ancien village a connu une prospérité économique au milieu du siècle dernier. Même si un déclin de son activité est constaté depuis quelques décennies, il ne faut pas oublier qu’il occupait dans les années 50 une place prépondérante : un marché hebdomadaire en son cœur, des artisans et commerçants, des services et de nombreux cafés. Pour l’époque, c’était le bourg au sens de la « petite agglomération rurale » où se retrouvaient les habitants des écarts, des hameaux et des villages voisins.

En face du bâtiment scolaire, sur le parking actuel, s’élevait un hangar avec le corbillard communal tracté par des chevaux et attenant à ce bâtiment, un lavoir qui fut transformé en salle des fêtes dans les années 70, elle-même détruite au début des années 90. En prenant la route départementale, puis le virage de la Place Espeysse, la première maison, sur la droite dans la rue du Moulin de l’Aure, abritait l’étude notariale de Maître FERRIER. En remontant un peu plus haut, la maison et l’atelier du menuisier M. REVERDY qui, occasionnellement, fabriquait les cercueils en fonction des aléas de la vie à la campagne.









Sur le même trottoir se tenait, quelques mètres plus haut, la boucherie-charcuterie de Mr Gaston CHANTRE, avec un abattoir en sous-sol et une glacière. La maison jumelle était l’atelier du second menuisier M. BIOUSSE.

Plus haut à quelques pas, le café-épicerie-charcuterie de M. et Mme BERNARD dont l’abattoir se situait en contrebas, rue de l’Eglise. René et Marcelle géraient aussi le passage à bascule (Poids public) pour les personnes qui venaient faire peser leurs charrettes remplies de fumier, de bois ou de foin. À proximité de cette échoppe, la boulangerie de M. HILAIRE.

Sur le trottoir opposé, un autre café où l’on distingue encore aujourd’hui sur le fronton de la maison « Café ODRAT » était tenu par Mme FARGIER puis Mme TABARD. Plus loin, de l’autre côté de la rue, le café d’André et Madeleine POTU. Lui, officiait aussi comme chauffeur d’un car qui assurait la liaison entre le village et Valence. Il transportait les citoyens qui vendaient leurs produits au marché hebdomadaire. L’arrêt de leur terminus se nommait « Café du Louvre » - il existe encore de nos jours.

En face de leur bistrot, il y avait un dépôt où les paysans apportaient leurs fruits en fonction des saisons : pêches, poires, abricots et cerises. Régulièrement un camion de la FRUITCOOP de Saint-Péray venait les récupérer afin qu’ils soient vendus sur tous les étals de France via la société des chemins de Fer. À côté de cet entrepôt, la boutique du boulanger RAPINE.

Plus loin la maison du cordonnier M. FIALAIX et en contrebas la Cure où habitait le garde champêtre. Au coeur du village, en remontant la rue du Temple, se trouvait la coopérative agricole où l’on pouvait acquérir des intrants pour l’agriculture. Un peu plus haut, la maison du maçon M. COULET jouxtant celle du plâtrier M. JACQUAMET. Et sur la gauche en montant, le four du boulanger RAPINE. En face un sabotier nommé ROYER juste à côté du bureau de Poste.

Et pour finir dans cette même rue, la forge du maréchal-ferrant M. JACQUAMET. L’épouse de celui-ci gérait et délivrait des « acquis » pour le transport des bonbonnes d’alcool. Elle récoltait l’impôt qui correspond de nos jours à la capsule congé. À ses heures perdues, elle faisait office d’infirmière et effectuait les piqûres pour ceux qui le souhaitaient. Plus loin, la maison de M. RICHON, déjà coiffeur dans les tranchées en 14/18, chez qui les hommes allaient pour une coupe de cheveux.

En s’écartant vers le quartier des Sabatiers, l’épicerie de Mme DEMAS. En redescendant sur la départementale en direction de Saint-Péray, on peut encore distinguer la façade du « Café de la source » et quelques mètres plus loin le « Café des Fonts » qui était tenu par Mme BRUNEL. Son mari était maquignon (vendeur d’animaux vivants) et exerçait la même profession que son frère qui vivait au hameau de Fosse. Pas loin, la vigne de Biguet était cultivée par M. VIOGEAS, qui déjà à l’époque vinifiait un excellent vin blanc tranquille ou pétillant. Dans les années 80, une habitante créa une entreprise florissante « Aux plantes de Toulaud » et embauchait les jeunes, l’été venu, pour la cueillette de fleurs sauvages.


Texte réalisé par : Nathalie DUBUS-VIOSSAT, Christophe & Jean-Noël CHANTRE.
Photos : Claude FOUGEIROL