l’école publique au fil des ans



Dans les années 1874/1880, la commune de Toulaud doit faire face à de graves problèmes financiers. En premier, le plafond du temple menace de s'écrouler sur l'assemblée. Ensuite, les écoles donnent bien du souci aux élus. Il en existe 4 sur la commune : une institution catholique, une institution protestante pour les garçons et une pour les filles, ainsi qu'une école aux Bonnets de Ladreyt.

Le préfet en 1875 va sommer le conseil municipal de faire des travaux dans le logement et la classe de l'école protestante des filles qui deviennent dangereux. Enfin, c'est au tour de M. le curé Viallatte de demander des réparations d'urgence pour la toiture... Pour réduire les frais, il est envisagé de fusionner les deux écoles protestantes, garçons et filles. Finalement, le maire, M. Ducros, demande la création d'une école laïque "régie et gérée par des instituteurs laïques et non congréganistes".

Parallèlement, Monsieur le Ministre de l'Instruction publique, en décembre 1879, accorde la gratuité de l'instruction dans le primaire. M. le maire remercie le gouvernement et projette la construction "d'une maison d'école".







Après les accords nécessaires, la polémique fera rage autour de l'emplacement de cette future école. Le Préfet retiendra la place du Moulin de l'Aure alors que le conseil décide de l'implanter là où nous la connaissons actuellement, sur un terrain acheté par la commune en 1875. C'est finalement en conseil municipal, réuni le dimanche 27 mai 1883 sous la présidence d'Emmanuel Roustaing, que fut décidée la construction de l'école de Toulaud. Ce jour-là, il fut même décidé, pour être exact, la construction de deux maisons d'écoles, une aux Bonnets de Ladreyt pour un montant de 18.900 Frs et une autre à l'emplacement actuel pour un montant de 67.112 Frs.

Après plusieurs modifications du projet initial, les bâtiments des filles et ceux des garçons voient le jour. Ces deux ensembles sont séparés par celui de la mairie.

Afin de financer cette construction dont Toulaud a un réel besoin, la mairie a recourt à un emprunt de 62.305 francs auprès du Crédit Foncier de France à un taux de 4.60% dont les conditions sont les suivantes :
- l'argent sera à la diligence de M. le maire,
- cette somme sera versée au Trésor Public pour le compte de la commune après le consentement du Crédit Foncier de France,
- le prêt est accordé pour une durée de trente ans,
- le premier semestre d'annuité écherra le 31 juillet 1888.

C'est cette même année que le groupe scolaire ouvrira enfin pour la première fois officiellement ses portes.


À cette époque, outre la construction et l'entretien des bâtiments, le logement et le traitement des instituteurs nommés par le préfet sont à la charge des communes. Pour exemple, en 1887, le préfet fait savoir par lettre “la nomination de Mme Magnet aux Bonnets de Ladreyt en remplacement de Mme Lebrat ayant reçu une autre destination”. En date du 4 octobre, le conseil municipal décide qu'elle jouira d'un traitement de 700 Francs en plus du logement.

En septembre 1932, la mairie demande un devis à M. Vial, architecte à Valence, sur les améliorations et réparations à effectuer aux deux écoles publiques : celle du groupe scolaire du chef-lieu et l'école mixte des Bonnets. En séance du conseil municipal du 18 septembre 1932, le maire donne connaissance de ce devis dont le montant total s'élève à 55.566 francs. Le conseil ouïe les explications de M. Badel, le maire. "Considérant que ces deux écoles construites en 1888 n'ont jamais été terminées faute de crédits suffisants, considérant d'autre part que le groupe scolaire du chef-lieu nécessite par suite d'un aménagement défectueux et insuffisant, de grosses réparations en maçonnerie, menuiserie et diverses transformations (installation d'un cinéma scolaire (1), établissement de gaines de cheminée, installation d'eau potable), considérant enfin que le devis présenté ne parait pas exagéré en l'état actuel de nos écoles extrêmement délabrées" l'assemblée approuve le dit devis.

Ces travaux lourds financièrement pour la commune seront réalisés grâce à une subvention et un nouvel emprunt contracté par la commune. À cette époque-là, la commune a encore à sa charge l'école des Bonnets (2) et pour 1/3 les écoles intercommunales de Ponsoye (Alboussière) et de Tourtousse (Saint-Péray).

Depuis lors et jusqu'à une période récente, peu de modifications et travaux d'envergure furent réalisés. Notons tout de même en 1955, la construction du mur de clôture de la cour ainsi que le crépissage des façades. En 1960 des travaux d'aménagement furent exécutés dans les 4 appartements occupés par les enseignants. Puis vint la réunification de l'école de filles avec celle des garçons, le déménagement de la mairie dans ses locaux actuels, la construction du préau au fond de la cour et la réfection totale de la toiture.

Depuis 2012, la commune a entrepris de réhabiliter entièrement le bâtiment afin de le mettre aux normes actuelles et d'offrir à ses occupants, élèves et enseignants, des conditions de vie et de travail dignes d'une école moderne du XXIème siècle. Cette réhabilitation totale s'est faite en 3 phases, une première en 2012 puis une seconde en 2014 et enfin la dernière au cours de l'été 2015. Ces travaux sont aujourd'hui terminés.

De nombreux toulaudains ont fréquenté l'établissement au cours des dernières décennies. Certains sont aujourd'hui parents ou grands-parents d'élèves. Ce bâtiment fait partie du paysage et du patrimoine de la commune.
(1) Il ne s'agissait pas d'une salle de cinéma mais de l'achat d'un appareil cinématographique scolaire pour 4.653 Frs.
(2) L'école des Bonnets de Ladreyt sera fermée définitivement en 1963

Source : registre des délibérations du conseil municipal.
Texte & photos (dont cartes postales) : Christian Audemard